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aviez avant est partie sur un autre chantier. Ni elle ni les marchands de bois ne nous embêteront. Un de vos amis de l’entrevue les avait recommandés. Il n’a pas dû assez réfléchir. Et vous ? Si vous échouez, nous échouons tous. C’est dur, mais c’est la vérité. Donc… J’ai posé quelques questions et appris qui avait les contrats, et tous avaient de bons ouvriers sauf vous. Grâce à vos amis de l’entrevue. Certains hommes n’acceptent pas la défaite. Moi, par contre, j’ai une brute pour épouse et j’ai l’habitude de m’avouer vaincu. Elle m’a donné des consignes précises auxquelles je n’oserais jamais désobéir. Des consignes ? “Demande-lui du travail.” Je n’ai pu que m’incliner devant sa puissance. Par ailleurs, j’ai des enfants. Ils sont ma fierté, même si je ne suis pas un meneur. Est-ce que je peux enlever ça ? J’ai reçu une invitation au Louvre. Eh bien ! Avec le souper, j’imagine. Tant mieux. Qui d’autre y sera ? Le palais de Versailles sera le cœur de notre royaume, habité par la crème du genre humain, digne d’être admiré par les dieux d’antan, et agrémenté par des jardins où chaque détour apportera son lot d’enchantement. Le doux babillement des fontaines apaisera les oreilles bourdonnantes. Le vent tiède balaiera des orangeraies parfumées. Quelle lumière, quelle beauté, quel espoir ! Versailles, Versailles, Versailles. Pardonnez-moi. Je crois que c’est par là, madame. Un peu d’air frais du soir nous fera du bien, n’est-ce pas ? Merci. Votre première visite à la cour ? C’est là que je suis ? Où pensiez-vous être ? Je ne sais pas trop. À une réception pour les jardiniers de Versailles. Une soirée champêtre ? Charmante idée. Un diadème parmi les mauvaises herbes. Je crois que… J’ai sous-estimé l’envergure de l’événement, monsieur. Antoine Nompar de Caumont, marquis de Puyguilhem, duc de Lauzun. Antoine. Sabine de Barra. Enchanté. Laissez-moi vous faire visiter. Que savez-vous de nous, souris prises au piège, madame ? Rien du tout, j’en ai bien peur. Hiver, été, automne, printemps, nous sommes ici. Nous ne pouvons partir qu’avec la permission du roi. Oui, des souris prises au piège. Une petite communauté. Nous ne sommes que environ. Tout le monde se connaît. Tout le monde s’est frotté aux autres membres du groupe. “Frotté” ? A eu une dispute ou une aventure, ce genre de chose. La marquise de Montespan. En retard, comme toujours. La maîtresse du roi. Elle a eu quatre enfants de lui, mais il ne lui prête plus attention. Il y a une nouvelle étoile montante. Madame de Maintenon. Est-elle ici ? Elle est très dévote. Elle ne participe pas à ces frivolités, contrairement à bien d’autres. Ne regardez pas. On parle de nous. Madame de Barra. Vous êtes… Suis-je en retard ? Non. En avance ? Non. Quoi, alors ? Ici. Un de vos jardiniers ? Parfait. Je dois accompagner la marquise au souper. Puis-je vous confier ma nouvelle amie ? Bien sûr. Veillez bien sur elle, monsieur. Les vautours planent. J’ai été ravi de vous connaître. Madame ? Cette vie semble extraordinaire. Vous êtes libre d’aller et de venir ? Oui. Je circule à ma guise. Tout le monde déménagera à Versailles. Dans un village. N’irez-vous pas aussi ? J’y perdrais lentement la raison. Faites-vous pousser des légumes, selon eux ? Vous avez peu de considération pour ma vanité, madame. Je crois que vous n’en avez aucune. Et vous, madame Sabine de Barra ? Avez-vous de ces faiblesses ? Rappelez-vous mon chapeau. Impossible de l’oublier. C’était une dépense considérable. Et tout à fait superflue. Nolly ! Chère vieille branche ! Monsieur. Embrassez-moi immédiatement, sinon j’en serai offensé. Splendide chapeau. Vous croyez ? C’est un essai, je n’en porte jamais. Non. De crainte d’écraser ma perruque. Qui est-ce ? Madame, vous vous agenouillez. Permettez-moi. Je vous présente Son Altesse Royale Philippe, duc d’Orléans. Votre Altesse, voici madame Sabine de Barra. Enchanté, madame. Que fait une femme au goût si exquis avec un rustre couvert d’argile comme André ? Je dois avouer que je suis une de ses semblables, Votre Altesse. Je travaille pour le maître à Versailles. Je ne peux pas l’imaginer. Parlez-nous-en davantage. Je vous présente le marquis du Vasse. Maître Le Nôtre, madame de Barra. Enchanté. Mais le mystère demeure, madame. Que fait avec Nolly une femme au raffinement si discret ? Je suis à l’autre extrême du spectre vestimentaire. Je ne m’en excuse pas, j’aime cet aspect de ma personne. Répondez, madame. Empêchez-moi de parler. Je ne savais rien faire d’autre pour gagner ma vie. Et vous aimez ce métier ? Il vous stimule ? Il m’a permis de rester indépendante malgré des moments difficiles. Très cher ! Moi, je fais simplement ce qu’on me dit. Y compris épouser de grosses Allemandes. Celle-ci me plaît davantage que la précédente, qui a rendu l’âme, Dieu merci. Embrassez-moi, mon mari. J’ai besoin d’affection. C’est merveilleux d’être près de mon époux. Ma chère, nous sommes impolis. Princesse Palatine, duchesse d’Orléans, je vous présente madame de Barra qui… Nolly, que fait madame de Barra, au juste ? Écoutez, ma chère, cela vous intéressera. Elle doit aménager une cascade à Versailles. Rien dans les jardins n’égalera cela. C’est fascinant. J’admire les réalisations techniques. Madame, promettez de nous montrer. Peut-être que Vos Altesses aimeraient dîner près de l’aqueduc de Louveciennes ? Est-ce à la campagne ? Je disparais toujours, à la campagne. Quand nous déménagerons à Versailles, je deviendrai une méduse humaine. Un misérable être sans forme. Nous aimerions y aller, maître Le Nôtre. Tout le monde devrait y aller, en fait. Venez, madame de Barra. Promenons-nous ensemble. Vous me décrirez votre projet. Avec plaisir, Votre Altesse. Eh bien, Nolly, madame de Barra fascine ma tendre épouse. Vous fascine-t-elle aussi ? Elle est divertissante et brillante dans ce qu’elle fait, je crois. Ah bon ? Heureux de l’entendre. Brave homme. Un macaron ? Merci, sire. Mon discours a été bien reçu, je crois. En effet. “La crème du genre humain” a semblé l’apprécier. Nous bâtissons avec des pierres, mais elles sont des plumes quand on les compare au poids de l’État. Mon frère dit que vous invitez



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