Radio RBS 91.9 Fm Strasbourg

Radio RBS 91.9 Fm Strsbourg, Radio RBS 91.9 Fm Strsbourg direct, écouter Radio RBS 91.9 Fm Strsbourg en direct

Vont au centre de vaccination Pour vacciner leurs bébés Contre la poliomyélite Pour éradiquer le buka buka Parents, écoutez-moi Cessez de négliger vos petits Celui qui a la polio Comme celui qui est valide Il n’y a aucune différence entre eux Qui sait lequel t’aidera plus tard ? Dieu du ciel Je n’invente rien, mes chansons racontent ma vie. Dans une chanson, on dit : “Le boulot, c’est ton père et ta mère.” Ici, si tu prends le boulot à la légère, tu signes ton arrêt de mort. Ma femme pleurniche quand je pars répéter trois semaines. Elle ne comprend pas ce que je fais. Elle me veut à ses côtés, alors que je travaille pour l’avenir de nos enfants. Si je meurs demain, ils diront : “Papa n’a rien fait pour nous.” Si je meurs, je leur laisse quoi ? Une machine à coudre ? Ils n’auront rien, même pas un toit sur la tête. Avec la musique que j’ai composée, c’est différent. Si elle a du succès en Europe, ça rapportera du fric chaque année. Mes petits seront sauvés. Ju, viens par ici. Viens essayer ça. Cette année, tu vas à l’école. C’est ton uniforme. Fais de ton mieux. Si tu te plantes, l’école, c’est fini pour toi. Va donc me chercher ta sœur. La mise à francs. On monte à . Là, vous trichez, les mecs. Allez, mise. Fais voir la thune. Vous m’avez ratissé. Tu lui devais ! Je lui ai déjà donné. Vous me carottez FC, là ! Calme-toi. Arrêtez, on joue, là ! À L’EXTÉRIEUR DU RESTAURANT “PLEIN VENT” CENTRE-VILLE DE KINSHASA Vas-y, Coco, tes potes t’écoutent. On va t’entendre jusqu’en Europe. Ça y est, l’Europe nous a entendus ! Je suis papa de la rue. Toi, tu es enfant de la rue. En quoi on est différents ? Vous, vous avez la musique. Nous… Vous, vous n’avez rien ? Vous pourriez être, disons… danseurs du Staff ? Tu sais jouer de la batterie, non ? Oui. Alors tu peux jouer de la musique. Non ? Carrément. Pointe-toi demain à la répétition, au zoo. LE ZOO DE KINSHASA Travaille, travaille ! Le boulot, c’est comme père et mère Travaille, travaille encore ! Lui, c’est Adam. Par sa faute, la femme enfante dans la douleur. Parce que l’homme a rampé sur le ventre de la femme. Là, Adam et Eve n’avaient pas encore mangé le fruit. Le monde allait bien. On jouait même avec les lions. Le pays est foutu. Mec, tu sais quoi ? J’étais là, moi, avant qu’ils mangent le fruit. Tu mangeais un jour et le lendemain, tu n’avais pas faim. N’importe quoi. Je te le dis. Personne n’avait jamais faim, en ce temps-là. Et puis le pays a changé, et j’ai commencé à crever de faim. Tout ça à cause d’Adam et Eve. Tu fais quoi pour vivre, toi ? Je lave des bagnoles en ville. C’est ton boulot ? Et je suis batteur. Et à part ça ? À part ça… Je me débrouille comme je peux. Tu mendies ? Ouais, je suis mendiant. Moi, je passe tous les Noël dans la rue. Depuis cinq bonnes années. Cinq ans ! J’aimerais tant avoir une maison. Moi, mon boulot, c’est de pousser les… …les vélos des handicapés. Je fais ça toute la journée, ils me filent du fric, de la bouffe. Mes parents sont tous les deux en vie. Le problème, c’est qu’ils n’ont pas assez d’argent pour m’envoyer à l’école. Tu sais, un homme n’est jamais fini avant la fin. Nul n’est condamné. Moi, je suis comme la branche de l’arbre. Que ce soit dans la joie comme dans la douleur, je résiste. Pourtant, à la fin, je finirai dans une poubelle. Je me sers de cet instrument pour vivre. Nous, les Congolais, on a l’esprit d’entraide. Avec mon instrument, je joue quelques airs connus. Si ça plaît, on me donne quelque chose. Je ne fais pas les poches des passants, je ne suis pas là pour ça. Je vis de mon instrument. Bientôt, grâce à ça, je pourrai nourrir ma mère, et mes petits frères. Si je croisais la route d’une personne de bon cœur qui pourrait me soutenir pour que je travaille ma musique, je ferais de grandes choses avec cet instrument. Le lendemain de notre rencontre, nous avons présenté Roger aux musiciens du Staff Benda Bilili. À part ça, ça va ? Nous sommes au grand complet. Essaie de te mettre dans la gamme. Ouais, j’essaie. D’abord, faut que j’accorde ça. C’est le petit soliste ! Je peux jouer les demi-tons. Avec ce truc ? Il sait trouver toutes les notes ! Le manche, là, c’est ça qui donne le ton. Je suis curieux d’entendre ça. Il a déchiré ! Roger, approche un peu. Petit Roger… Dis-moi, tu es de quelle race ? Age ? Non, race. Quelle tribu ? Je suis Mayumbe. Le Bas-Congo ? Le Mayumbe, c’est le Bas-Congo ? Tu habites dans quelle commune ? À Kisenso. Il faudra du temps et du travail, je vais bosser avec lui un bon moment. S’il travaille bien, il deviendra un bon guitariste. Je vois que… Il est encore petit. Avec le temps, dans trois ou quatre ans, il va faire de bonnes choses. Sur le côté, voilà. Allez, c’est bon. La vie des handicapés est un combat Un jour tu bouffes, un jour tu bouffes pas Dans la vie, la roue tourne, l’ami ! N’oublie jamais ! Qu’est-ce qu’il filme, ce Blanc, là ? C’est quoi, ton problème ? Il t’a filmé ? T’es de la police ? Dégage, tu nous embrouilles ! Tu es en train de foutre en l’air mon boulot, là ! N’importe quoi. Tu sors du village ou quoi ? T’as jamais vu une caméra ? Tu fais rien de ta vie. Allez, dégage, imbécile ! ABRI POUR LES HANDICAPÉS MOTEURS QUARTIER BANDAL Il est en train de piger le truc. Vieux, quelque chose comme ça ? Ça vient petit à petit. Non, tu es déjà bien dans le diapason. Je dois comprendre. Ma mère est malade depuis son divorce. Mon père l’a battue. Il l’a frappée à la tête, elle est restée traumatisée. Elle reste toute la journée à la maison, comme ça, sans argent. Avec mes petits frères, on était comme dans un poulailler. J’ai dû quitter la maison pour faire ma vie. Je n’ai pas fui. Je reviendrai quand j’aurai réussi. Maintenant que je suis membre du Staff Benda Bilili, ça va aller. Je suis patient. Je sais que mon heure viendra. Ils jouent très bien. Septembre , après un mois de répétition, Le Staff Benda Bilili entre dans un studio pour la première fois. STUDIO I.C.A, KINSHASA, QUARTIER LINGWALA Non, arrêter. Comme on a dit, si quelqu’un foire, on recommance. Recommançons. Non ! C’est le solo, bordel. On se concentre. On est sur le second vers. Roger, demain à midi. On se revoit à midi.



Pub

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *