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accusée ainsi que l’indécence de son habit, nous n’avons pu lui accorder le droit d’entendre la messe. D’autre part, à l’exception de maître Willian Heton, qui est anglais, tous les juges sont de bons Français. Faites entrer l’accusée. Si vous désirez vous asseoir. Merci, mon père, je vais rester debout pour l’instant. Selon les rapports, rumeurs et informations obtenues, nous vous faisons comparaître pour hérésie et sorcellerie. Jurez-vous de répondre avec vérité à ce qui vous sera demandé ? Je ne connais point encore vos questions. Peut-être demanderez-vous certaines choses que je ne dois pas vous dire. De mon père et de ma mère et ce que j’ai fait en les quittant pour prendre part à la guerre, je vous le raconterai volontiers. Mais certaines révélations qui me viennent de Dieu, je ne les dirai à personne, sinon à Charles mon roi. Pourquoi Dieu devrait vous faire des révélations ? Dieu fait des révélations à qui lui plaît. Jurez-vous de dire la vérité sur les questions concernant la foi ? Je jure de dire la vérité sur les questions concernant la foi. Votre nom ? Jeanne. Chez moi, on m’appelait Jeannette. Votre âge ? Dix-neuf ans, je crois. Vous dites que Dieu vous a fait des révélations. Pouvez-vous nous dire quand cela est arrivé pour la première fois ? Quand j’avais ans, j’ai entendu une voix dans le jardin de mon père. Ce fut à midi, pendant l’été. La voix était sur ma droite, du côté de l’église. Et elle m’a parlé accompagnée d’une clarté. La première fois, j’eus très peur. Que vous a-t-elle dit? Elle me parlait de choses ordinaires et de comment vivre ma vie. Plus tard, elle me dit : « Va. « Va et lève le siège d’Orléans. « Fais couronner le roi. « Boute les Anglais hors de France. » Attendez ! Lui avez-vous répondu ? J’ai répondu n’être qu’une pauvre fille de la ferme, ignorante de la cour et de l’art de la guerre. Mais la voix me dit quand même : « Va. « Va, enfant de Dieu. « Fille de France. « Va. » Cette voix. À qui était-elle ? Au début, j’ai pensé à un ange. Ensuite, je compris qu’il s’agissait de saint Michel. Parfois, sainte Catherine. Et sainte Marguerite. Avez-vous vu ces saints ou seulement parlé ? Je les ai vus comme je vous vois aujourd’hui. Votre roi a vu vos saints ? Je ne répondrai pas. Cela ne concerne pas ce procès. Elle n’a pas le droit. Continuez. Les saints ont-ils des cheveux sur la tête ? Il est bon de savoir qu’ils en ont. Portent-ils des habits ? Dieu est-il si pauvre qu’il ne peut pas les habiller ? Sainte Marguerite a-t-elle parlé en anglais ou en français ? Pourquoi parlerait-elle anglais, elle n’est pas de leur côté. Vos saints haïssent les Anglais ? Ils haïssent ce que Dieu hait et aiment ce qu’ll aime. Dieu, hait-il les Anglais ? Je ne sais rien de l’amour ou de la haine de Dieu pour les Anglais. Je sais juste que les Anglais seront expulsés de France. À l’exception de ceux qui y sont enterrés. Dieu donnera à mon roi une grande victoire. Et Charles VII sera roi de la France entière. Silence ! Croyez-vous être en état de grâce ? Si je ne le suis pas, que Dieu m’y mette. Et si j’y suis, que Dieu m’y tienne. C’est une bonne réponse, Jeanne. Épargnez-nous vos commentaires, maître Jean. Qui vous a dit de vous vêtir en homme ? C’est indécent et contraire aux enseignements de l’Ecriture ! De cela, je ne charge personne. Vivant parmi les soldats, il convenait de me vêtir comme eux. Mais je m’habillerai en femme si vous me laissez entendre la messe. Sinon je continuerai, puisque cela plaît à Dieu. Ce que j’ai fait, je l’ai fait sur Son ordre. Je veux dire, tout ce que j’ai fait de bien. Comment savez-vous que vos voix venaient de Dieu ? Parce qu’elles m’ordonnaient de faire le bien. J’ai déjà répondu à ces questions à Poitiers ! Mon roi a chargé l’archevêque de Reims de m’examiner avant que je conduise l’armée. Vous trouverez à Poitiers toutes mes réponses. L’examen de Poitiers ne nous concerne pas. Nous sommes vos juges maintenant. Répondez-nous. Vous n’êtes pas dignes d’être mes juges. Vous êtes mes ennemis mortels. Anglais et Bourguignons, tous autant que vous êtes. Et vous n’êtes pas L’Église. Vous êtes les valets du roi ennemi. Si je suis jugée par l’Église, que ne suis-je en prison d’Eglise ? Je suis dans une prison anglaise gardée par des soldats anglais. Je suis enchaînée à mon lit. Pour me lever, je dois demander qu’on me les ôte. Vous l’êtes parce que vous avez tenté de vous évader. N’est-ce pas le droit de tout prisonnier de guerre ? Vous vous dites mes juges. Je ne sais si vous l’êtes, mais je vous dis ceci : prenez garde de mal me juger, car je suis envoyée de Dieu et vous vous mettez en grand péril. Ramenez-la dans sa cellule. Je vous salue, messeigneurs. Vous et votre procès ! Elle est trop habile pour vous. Elle vous ridiculise et vous menace en public. Mon cher comte de Warwick, cela n’arrivera plus. Non, les séances ne seront plus publiques. Vous continuerez à huis clos selon mes ordres. Est-ce la chapelle, mon Père ? Oui, Jeanne. Puis-je y entrer ? Non, ma fille. C’est défendu. Savez-vous pourquoi ? C’est défendu. Peut-être ne devrions-nous pas repousser sa requête au sujet de l’examen de Poitiers. N’étant pas de son parti pendant la guerre, il nous est difficile de la juger impartialement. Cette cour ecclésiastique est régie par les lois de L’Église. Les lois de l’Église ? Exigent-elles des gardes anglais aux portes ? Ou le paiement des frais en or anglais ? Silence ! Non, monseigneur. Une telle procédure est contraire à nos lois. Je ne puis siéger à ce procès. Vous pouvez vous retirer. Ainsi que ceux qui pensent comme lui. Rappelez-vous, si vous partez, vous portez mon inimitié et celle du roi d’Angleterre. De France et d’Angleterre. Je suis désolé de la laisser à votre merci ou de votre absence. Mais ma conscience m’interdit de m’associer à si honteuse comédie. Suivez-nous. Moi ? Oui. Nous vous arrêtons. Je devrais être en prison d’Église, gardée par des femmes. Devez-vous vraiment me quitter, mon Père ? J’ai ordre de vous laisser ici. Dieu vous garde, mon enfant. Jeanne, voici maître Jean le Maistre, désigné par le Révérend inquisiteur pour nous assister à votre procès. Il a lu les minutes des séances précédentes et il est donc au courant de l’affaire. Je promets de vous juger avec équité. Mais, illettrée, vous avez besoin d’un conseiller. Choisissez parmi les juges. Je vous remercie. Mais je ne me départirai pas du conseil de mon Seigneur. Jurez-vous de dire la vérité à toutes nos questions ? Je l’ai déjà fait d’innombrables fois. J’ai juré encore et encore, vous m’accablez de trop. Avez-vous entendu vos voix récemment ? Oui. Elles sont restées silencieuses un moment, mais elles me parlent quotidiennement maintenant. Et vous parlent dans votre cellule ? Je ne comprends pas toujours ce qu’elles disent. Mes gardes font trop de bruit. Que vous disent vos voix ? De répondre hardiment. Ont-elles promis de vous libérer ? Sainte Catherine m’a dit que je serais sauvée. Peut-être serai-je délivrée par une attaque des Français, mais on m’a dit que je serais libérée par une grande victoire. Vous rappelez-vous les mots exacts ? Oui. « Prends tout avec courage. « Ne crains pas ton martyre, « car tu



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