Europe 1 102.1 FM

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J’ai alors dit: «Mettons-nous au travail!» On a pris des photos, on prévoyait le matériel nécessaire pour ceci, cela ou le type de fil. Il n’était pas encore certain de la façon d’attacher le fil. Dans la cage d’escalier, j’ai décidé de dessiner une petite fresque. Comme une preuve tangible, représentant les étapes qui me mèneraient vers l’impossible, c’est-à-dire marcher sur ce fil. J’ai même loué un hélicoptère. Jim m’accompagnait pour prendre des photos du toit, du matériel. La maquette servait à prendre les mesures. Je voulais aussi voir si c’était possible. Il voulait voir de plus haut que lors de sa marche sur le fil. Il voulait tromper son esprit pour faire taire la peur. Il montait donc plus haut que la hauteur des tours. Un jour, j’ai reçu une carte postale avec un W pour World Trade Center. C’était la première fois que j’en entendais parler. Il avait dessiné un petit fil au sommet des tours. Je me suis dit que ces tours n’existaient que pour Philippe. Je suis retourné en France. Dès mon arrivée, je suis allé voir Jean-Louis, mon vieil ami, pour lui annoncer que j’avais une nouvelle idée. On savait que légalement, c’était impossible. Personne ne connaissait Philippe Petit et son équipe. Allez demander : «Peut-on installer un fil au sommet des tours?» «Fichez le camp!» J’ai essayé de faire parler Philippe. «Tu es allé dix fois au sommet, mais as-tu une autorisation?» Il a dit : «Regarde, j’ai des photos, on peut mettre le fil jeux Je ne sais pas encore où, mais on trouvera grâce aux photos.» C’est la meilleure. J’ai tenté une récapitulation dans ma tête. On n’avait rien. Il n’est pas poussé par le sentiment impulsif de danser entre les tours. Ce qui l’allume, c’est : «Je vais aider Philippe. «Je ne veux pas l’aider à se tuer. Je ne veux pas me faire prendre, et on veut réussir, pas échouer.» Pour un tas de raisons nobles et compréhensibles, il devient le jeux On se querelle beaucoup. «Tu n’as pas assez d’éléments, Philippe, pour mettre sur pied un plan sérieux.» Je retourne une deuxième fois aux États-Unis. Je consacre tout mon temps à épier les tours. De toutes mes forces. J’y vais jour et nuit. Je prends des notes qui remplissent un cahier de gribouillages. J’apprends que la livraison des marchandises a lieu sous les tours. J’y vais. Je trouve le moyen de me déguiser à l’heure du lunch. Les employés arrivent dans des voitures régulières. Je suis si absorbé par mes notes que j’oublie que je suis sur un site en construction. Je ne vois pas un clou dépasser d’une planche. Ce clou se plante dans mon pied. Trois jours au lit. Je suis en béquilles. Je me crois invalide. C’est tout à fait le contraire. C’est merveilleux d’être en béquilles. L’univers vous appartient. Les gardiens me viennent en aide. Ils me tiennent la porte. On me dit de m’asseoir, de prendre tout mon temps. Personne ne me demande mes cartes d’identité. C’est fabuleux. Bien que mon pied soit pratiquement guéri, j’utilise souvent les béquilles. Parfois, on voyait un homme abandonner ses béquilles, partir en courant pour mesurer un truc, et revenir à ses béquilles. Là-haut, au sommet, c’était très venteux. Je ne savais pas trop pourquoi on montait. J’avais à peine le courage de sortir de ma petite trappe. Jim tenait bon, j’ignore comment, et a même pris une photo de moi accroché à un poteau sur le toit. Mon corps était presque à l’horizontale. Le vent me soulevait. Et si jeux ? C’était terrifiant. J’ai compris que c’était fou d’être si haut dans ces conditions, et d’envisager un tel projet. Et si un malheur se produisait pendant que je tends le fil? Je me suis mis à penser à ça à quelques jours de l’aventure. J’ai dit : «Je ne peux pas t’aider à tendre le fil. Je ne serai pas sur le toit.» Tour sud h On est sous le toit du World Trade Center, sous une bâche. Chaque fois qu’on entendait un bruit, il était difficile d’identifier si c’était un carton, un panneau claquant au vent, un gardien qui s’approchait ou un walkie-talkie. J’ai fait un petit trou dans la bâche à l’aide d’un trombone, puis j’ai agrandi ce trou avec la pointe conique d’un stylo. D’un œil, je pouvais voir la lumière ambiante qui se reflétait sur le cadran de ma montre. «Quelle heure est-il? Fait-il noir dehors? J’entends un bruit. Tentons de sortir de sous la bâche.» Tour nord h On entendait de plus en plus de bruit venant du toit. Des voix et des machines. Le bruit était parfois lointain, parfois proche. On aurait dit que quelqu’un marchait sur le toit. On marche en plein milieu de la nuit! On est coincés. On n’a aucune chance de réussir. Plus on attend, plus on se cache, moins on a de temps pour faire ce qu’il faut pour monter. Il y avait de la tension. On n’était pas dans notre élément. On n’avait rien à faire là. Une partie de moi ne fait pas confiance à ce type. Rien ne le préoccupe vraiment. Pourquoi est-il ici? Mark alias «l’Australien» Après mes études universitaires, je suis allé à Paris. Je me suis lié d’amitié avec Philippe. Il m’a montré cet extraordinaire diagramme et la photographie de cet édifice qu’on construisait à New York. C’est un gros fil. J’ai regardé cette immense tour, ou plutôt ces tours. Philippe était emballé par ce projet. Je suis devenu l’un des premiers membres de l’équipe. Dans un vaste champ, je compte reconstituer pas les toits du World Trade Center, je n’en ai pas les moyens mais leurs principaux éléments pour me familiariser. Un, deux, trois. Je ne veux pas jeux Si je rate mon coup jeux C’était plus ou moins un camp d’entraînement. On a pris le temps de tout mettre au point, d’établir la marche à suivre, et de nous attarder à chaque détail pour réussir ce coup-là. J’ai donc demandé à mes amis de faire danser le câble. Il y a Mark l’Australien, Jean-Louis, Annie. On se pendait aux câbles. On tentait de faire tomber Philippe. Le World Trade Center était extraordinaire avec ses mètres séparant les deux tours. Comment tendre un fil d’une tour à l’autre? Regarde bien. Ça te plaît? Il faut trouver le moyen de lancer quelque chose. Ensuite, on peut tirer un fil, puis un plus gros, jusqu’à pouvoir traverser le câble. À un certain moment, j’ai même pensé



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